Cathy, l'âme de Book1

Cathy Michel FrickerL’association Book1 a l’immense douleur d’annoncer la disparition de sa présidente, Cathy Michel Friker, après un combat de plusieurs mois contre une terrible maladie. Elle était l’âme de Book1, et elle restera dans nos cœurs pour toujours.

Book1 est né de la rencontre de plusieurs personnes et de leur envie d'échanger autour des livres. Notre Association a été un nouveau-né très prometteur et Cathy a su lui insuffler ce petit supplément d’âme et surtout d’énergie qui a porté nos projets et nous a fait avancer.

Après le premier Festival Ces Pages d'Amour, nous sommes restés joyeusement surpris et heureux d'avoir pu donner forme à notre projet et d’avoir partagé avec d'autres notre amour du livre.

Nous savons combien ceci était important pour Cathy et, au-delà de notre immense tristesse, nous sommes heureux d'avoir pu savourer avec elle ces moments inoubliables.

Depuis hier, notre Association est orpheline mais l’esprit de Cathy, son engagement, sa force de conviction, son sourire, son humour continueront à nous accompagner.

Denis, Anne, Sabine, Saïda, Gérard, Valérie, Juliet, Luiza


HOMMAGE DES ECRIVAINS DU FESTIVAL 2015

Tous, nous avons de merveilleux souvenirs avec Cathy Michel

L’énergie qu’elle déployait à la tête de l’association Book1, son enthousiasme, sa générosité, son culot aussi, avaient suffi, en quelques mois, à donner un coup de fouet à la scène littéraire strasbourgeoise. Car les rencontres littéraires se suivent ¬mais ne se ressemblent pas : Cathy savait leur conférer une simplicité, une chaleur, une convivialité inoubliables ; elle était, au meilleur sens du terme, une passeuse, tout entière au service des livres et des auteurs.

Aussi est-ce le cœur serré que nous tenons à dire combien nous touchaient son sens de l’hospitalité, cette énergie qui, alors, nous semblait inépuisable, et cette manière qu’elle avait de s’effacer, de se mettre au service, de veiller au moindre détail, de rassembler, de fédérer, sans souci des difficultés ni sans jamais compter son temps ; cette manière, aussi, de mettre la littérature à portée de sourire.

Sa disparition, alors qu’elle était si jeune et que, quelques jours auparavant, elle nous faisait part encore de son envie d’aventures et de projets, nous affecte profondément. Pourtant c’est de son entrain et de sa joie dont nous nous souviendrons, et dont nous voulons aujourd’hui témoigner, avec l’affection très vive que, tous, nous éprouvions pour elle.

Isabelle Flaten, Arnaud Friedmann, Éric Genetet, Serge Joncour, Céline Lapertot, Éric Pessan, Romain Puértolas, Marc Villemain


MESSAGE D'ERIC PESSAN

Pour Cathy

En février 2014, je me rends pour la première fois de ma vie à Strasbourg. J’ai été contacté par une certaine Cathy Michel via Facebook. Elle a lu plusieurs de mes livres, garde perpétuellement un chat en équilibre sur son épaule. Elle m’a proposé de venir trois jours, rencontrer les élèves d’un collège et les lecteurs de deux librairies. Elle a débloqué un petit budget et une chose m’échappe : je ne comprends pas si elle est prof ou libraire. Ma question la fait rire, elle est obligée de m’expliquer qu’elle n’est pas « dans le métier », elle fait ça pour le plaisir : les rencontres ont lieu dans les librairies qu’elle fréquente ainsi qu’au collège de ses enfants.

Mon premier pas sur le sol strasbourgeois est retardé d’une grande demi-heure. Sitôt posé, l’avion se place tout au bout de la piste. Un sac Dora l’exploratrice est ce jour-là abandonné à l’aéroport. Mon rendez-vous avec Cathy sera repoussé le temps de l’intervention des démineurs. La bombe s’avère n’être que le sac perdue d’une enfant. Dans la voiture de Cathy, on rit en imaginant un djihadiste radical aller acheter un sac à dos rose bonbon.

C’était notre première rencontre et je ne raconterai que celle-là parce qu’elle résume toutes les autres et qu’elle décrit ce que j’ai perçu et vu chez Cathy : la volonté d’agir, la joie, une sacrée force de persuasion, et cette extraordinaire envie de faire des choses qui lui plaisent et d’en faire profiter le plus grand nombre. Aussi facilement qu’elle avait convaincu deux libraires et un collège de m’accueillir, l’année scolaire suivante elle a crée une résidence d’auteur et un festival littéraire. En frappant aux bonnes portes, en souriant, en persuadant, en éclairant ceux qu’elle approchait de sa lumière intérieure, en n’oubliant jamais de rêver, de s’amuser et d’en faire partager autrui.

Éric Pessan